La question de savoir si une intervention à la radio doit être longue ou courte est un débat qui a fait rage depuis des décennies. Certains directeurs de programmes préfèrent des interventions courtes, tandis que d’autres estiment que la qualité prime sur la durée. Pour ma part, je pense qu’il faut trouver un équilibre.

Dans une émission matinale ou un retour à la maison, la formule est souvent de 4 à 6 chansons par heure, en fonction de la durée des pauses publicitaires. Les interventions varient entre 30 secondes et 5 minutes. Bien qu’il n’y ait pas de formule magique, je pense que la qualité du sujet et la capacité de l’animateur à captiver l’auditeur sont plus importantes que la durée de l’intervention.

Rappelez-vous la dernière fois qu’un animateur vous a tenu en haleine, au point que vous êtes resté assis dans votre voiture même après être arrivé à destination. Quel était le sujet ? Pourquoi vouliez-vous entendre la fin de l’histoire ? Comment l’animateur a-t-il réussi à vous accrocher ? Était-ce une histoire personnelle ? Attendiez-vous une chute drôle à la fin ? L’équipe d’animateurs était-elle également captivée ? Si l’animateur avait continué pendant une minute de plus, auriez-vous été encore plus captivé ?

Comme au théâtre, un sujet est intéressant lorsqu’il est présenté de manière engageante. Il doit avoir une introduction, une intrigue, un retournement de situation et une chute finale. L’histoire doit suivre un plan logique et, chaque fois que l’on s’éloigne du sujet, il faut reprendre l’auditeur par la main pour le ramener sur la bonne voie.

Une intervention courte de 15 secondes peut être tout aussi intéressante qu’une anecdote farfelue de 6 minutes, tout dépend de la manière dont elle est présentée.

La règle du 3 minutes 30.

Un jour, je travaillais avec une équipe dans une émission mature, nous étions à notre 3e année en ondes avec une formule qui, selon nous, aurait du avoir des meilleurs cote d’écoute.  A ce moment, les radios parlés dominaient le marché avec plus de 60 parts partagées entre 2 stations.  Nous étions à 7 parts, nos compétiteurs direct n’étaient pas très loins devant.

Après un résultat de sondage un peu décevant, je suis entré dans le bureau du directeur de la programmation et je lui ai dit la phrase suivante.  “Est-ce que tu sais qu’à chaque 3 minutes 30, on donne le choix aux auditeurs de changer de poste?”  Complètement surpris, il me demanda de m’expliquer.  J’ai sorti une copie de la feuille de route et lui démontra qu’à chaque 3 minutes 30, il y avait un changement de format.  Musique, humour, musique, actualité, musique, publicités, humeur, musique, etc.  Dans une seule heure de radio, notre format changeait 14 fois, donc 14 risques de perdre des auditeurs.  En retravaillant la feuille de route, nous avons réduit le nombre de changements à 10, nous avons donné un peu plus de temps aux animations, qui étaient livrées par des animateurs qui restaient aussi pertinent dans un micro de 3 minutes que dans un micro de 5.  Nous avons aussi créé plus de micros communiquant dans l’émission, c’est-à-dire 2 micros qui se suivent avec le même sujet dans le but de garder l’auditeur accroché pendant une pause publicitaire ou une chanson.  La saison suivante nous avons gagné 3 parts de marché supplémentaires.  Est-ce un effet direct, j’ose croire que oui.

En conclusion, la durée d’une intervention à la radio ne doit pas être simplement déterminée par la feuille de route, mais surtout par la qualité de l’histoire et la manière dont elle est présentée. Il est également important de maximiser le temps imparti avec du contenu triple A, tout en gardant à l’esprit la règle des 3 minutes et 30 secondes.


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